Vernis au tampon

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Avant Propos / Chapitre 8 : Finitions / Vernis au tampon

généralités[edit | edit source]

Présentation[edit | edit source]

Il existe plusieurs types de vernis au tampon mais surtout plusieurs modes d’application. L'expression "vernis au tampon" ne désigne pas un vernis particulier mais une méthode. Le tampon est avant tout un outil comme peut l'être un pinçeau, un rouleau, un pistolet etc.

Les vernis du commerce nommés "vernis au tampon" sont spécifiquement conçus pour être appliqués au tampon.

Il sont souvent constitués d'alcool et de gomme-laque, mais d'autres formules peuvent être appliquées au tampon comme le vernis vénitien, florentin, etc. Chacun a des caractéristiques qui lui sont propres.

Historiquement et dans la mémoire collective, le vernis type "au tampon" est un mélange de gomme laque et d'alcool appliqué au tampon pour l'ensemble du processus.

Fournisseurs[edit | edit source]

Voici quelques sites internet ou vous pourrez trouver les résines nécessaires à la confection du vernis :

Confusions et abus de language[edit | edit source]

Le vernis Français « historique » utilisé pendant de nombreuses années à partir du XVIIIème siècle par tous les ébénistes est presque tombé en désuétude. Il est utilisé aujourd'hui le plus souvent par les restaurateurs de meubles.

Quantité d’ouvrages s'intéressent au sujet mais la méthode « traditionnelle » est souvent confondue avec sa version moderne plus « simplifiée » au dépend du savoir-faire traditionnel.

Contrairement aux idées reçues, le vernis au tampon n'est pas le "french polish". Ce dernier, datant d'avant Louis XV, avait la particularité d'être poli (méthode appelé Bufflage) avec un cuir de buffle enroulé (nommé buffle). Le polissage était obtenu soit à l'aide de ponce très fine. Cette technique n'est plus utilisée, le polissage d'un vernis au tampon se fait dans la phase dite d'éclaircissage.

Avantages et inconvénients[edit | edit source]

Ce type de vernis comporte certains inconvénients :

  • Il est peu résistant aux chocs et rayures,
  • Ne résiste pas aux nettoyages avec des produits à base d’alcool,
  • Son extrait sec est très faible,
  • Sa résistance à l'humidité est faible ;

Mais aussi beaucoup d’avantages :

  • Raccords très simple,
  • Très faible coût,
  • Très faible coût du matériel nécessaire à sa mise en oeuvre,
  • Application facile à très facile, mais qui nécessite une formation préalable,
  • Possibilité d'appliquer une couche extrêmement fine de vernis à chaque passe
  • Très beau rendu si bien réalisé dans le cas de la méthode traditionnelle, rendu moyen dans le cas de la deuxième méthode (remplissage au bouche-pores en pâte).

Vernis au tampon « ordinaire »[edit | edit source]

Outillage et produits[edit | edit source]

  • Alcool
  • Gomme laque
  • Toile grossière
  • Ponce (suivant l’essence de bois)
  • Toile fine (d’ordinaire lin et coton)
  • Laine ou coton à mécher
  • Huile (de paraffine)
  • Papier à poncer

Application[edit | edit source]

  • Remplissage des pores à l’aide de ponce, généralement ponce soie, ou autre suivant la couleur du bois :

les frottements du tampon « poncent » le bois, ce qui produit de la sciure qui s’agglutine peu à peu dans les pores.

Cette phase s’appelle le remplissage.

  • Ponçage de toute la surface afin d’égaliser et de supprimer les défauts.
  • Passage de plusieurs couches de vernis, au tampon.

Cette opération s’appelle la charge.

Le nombre d’applications et la concentration du vernis détermine l’épaisseur finale de la pellicule déposée.

  • Passage d'un tampon propre et neuf avec uniquement de l’alcool et polissage de la surface.

Cette opération s’appelle l’éclaircissage.

Il s’agit bien entendu d’un énoncé succinct des diverses opérations.

Vernis "au tampon" simplifié[edit | edit source]

Les phases d’application d’un vernis au tampon ordinaire sont longues et fastidieuses.

Certaines réclament aussi un tour de main qu’il est de plus en plus difficile à acquérir du fait qu’il y a de moins en moins de personnes qui pratiquent ce type de finition dans les règles de l’art.

Devant tous les problèmes cités, il y a eu une simplification drastique des procédés permettant une utilisation par le plus grand nombre avec une formation moins soutenue au détriment de la qualité.

Ce type d’application conduit souvent à un détournement du terme « vernis au tampon », il serait plus honnête de parler de vernis à l’alcool ou vernis gomme laque.

En ce sens, même s'il est concevable pour un amateur voulant se faire plaisir d'utiliser ce type d'application, cela l'est nettement moins pour un professionnel vendant un vernis... au tampon.

Le tampon étant avant tout un « outil » permettant l’application, si on ne s’en sert pas ou très peu, le vernis ne devrait pas porter ce nom.

  • Le bouchage des pores à la ponce est abandonné.

On remplace cette opération par l’emploi d’un bouche-pores transparent ou (le plus souvent) coloré à la teinte de l’essence.

L’application se fait en une à deux fois et le gain de temps est considérable, il n’y a plus à « poncer » mais simplement étaler le bouche-pores (généralement avec une spatule plastique) et poncer après séchage.

Il s’agit souvent de bouche-pores cellulosique.

  • La charge se fait comme précédemment ou parfois avec un vernis dédié au tampon à base de copal (vernis vénitien) qui permettra d’obtenir un brillant satisfaisant et une application bien plus simple (l’huile devient inutile) et plus rapide.

Dans d'autres cas, on rencontre aussi l'utilisation de vernis gomme laque à forte charge, typique du vernis au tampon Anglais.

La charge est même parfois effectuée avec un pinceau large genre spalter.

Note : les vernis à base d'alcool utilisés dans la lutherie du quatuor ont toujours été appliqués au pinceau.

  • L’éclaircissage étant une opération risquée à l’alcool, on remplace le tampon par un béret ou un touret à polir et des pâtes de lustrages.

Ce type d’application à un coût financier plus élevé mais le gain de temps et sa simplicité la rende très performante.

Les techniques décrites plus haut sont plus ou moins utilisées, certains ne faisant qu'une partie de la simplification (surtout au niveau du bouchage des pores qui réclame beaucoup de temps à la ponce), d'autres poussant plus loin.

Bien entendu on s’éloigne de plus en plus du vernis au tampon « initial » et il n'en reste presque plus que le nom (associé à un gage historique de qualité) mais le prix sera aussi moindre.

Il est donc important de se renseigner sur le type d’applications afin d’éviter les surprises, le terme "vernis au tampon" ne signifiant, hélas, aujourd'hui plus grand chose.

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