Calibrage des éclisses

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La fabrication d'une guitare / Chapitre 4 : les éclisses / Calibrage des éclisses

On peut utiliser pour cela une calibreuse ou une défonceuse montée sur une table aspirante, méthode la plus rapide. Bien sûr, la bonne vieille méthode manuelle fonctionne aussi à merveille pour peu que l'on ait un peu de patience...

En général, l'épaisseur finale des éclisses est de 2,0 mm, cependant, on garde généralement une marge de deux dixièmes pour le ponçage de finition qui sera effectué plus tard. Il est important d'avoir une epaisseur la plus constante possible, au risque d'être légerement moins épais que prévu, la dite constance permettra un cintrage plus aisé et régulier.

Eclisses massives ou laminées ?[edit | edit source]

Certains luthiers préfèrent doubler leurs éclisses, les faire laminées, multipli. Cela nécéssite bien sûr de les calibrer plus fines (1.3 ou 1.4mm). Cela offre notamment les avantages suivants :

  • cintrage plus aisé (d'une part, le bois est plus fin donc plus facile à cintrer, et d'autre part, il n'est pas nécessaire de cintrer aussi précisément selon la forme du profil définitif, les éclisses s'y conformeront parfaitement lors du laminage des deux essences avec le moule.)
  • symétrie plus simple à obtenir (du fait de l'utilisation d'un moule lors du laminage),
  • meilleure solidité,
  • plus de légèreté (on choisit généralement un bois moins dense pour l'intérieur des éclisses comme par exemple de l'épicéa de Sitka, du cyprès par exemple.

Cela demande toutefois un moule, contre-moule et un collage réalisé avec le plus grand soin afin d'être certain qu'il n'y ait aucune bulle d'air qui se glisse entre les deux planches, et que la colle soit répartie de manière égale sur toute la surface.

méthode manuelle[edit | edit source]

Comme pour la table on choisit la face la plus jolie et on s'arrange pour que son état de surface soit parfait en la rabotant avec très peu de fer. Pour cela, le plus simple est de régler d'abord le rabot à zéro, et on affine progressivement le réglage de la lame. Il est important de régler correctement le contre fer du rabot afin de permettre un rabotage optimal.

L'éclisse est fixée avec un long tasseau à une extrémité et on prend soin de raboter de la fixation à l'opposé, en tirant, afin de ne pas risquer de casser l'éclisse si le rabot venait à accrocher.

Si, le rabot a tendance à "accrocher" et à ne pas faire un état de surface régulier (voire des éclats), cela signifie que l'on se trouve en contre fil du veinage, il faut alors tourner la planche et raboter dans la direction opposée afin d'être dans le sens du fil. Dans ce cas, ne pas oublier d'inverser également la fixation.

On peut ensuite tourner l'éclisse et l'amener progressivement à épaisseur par la face intérieure selon la même méthode.

Cas particuliers[edit | edit source]

Certains acajous africains (genre Khaya) tel l'Iroko, ont par contre du fil et du contre-fil dans la même direction (fil entrelacé)

Dans ce cas, deux solutions sont possibles :

  1. travailler au racloir ou avec une ponceuse (voire une ponceuse calibreuse), cela prend plus de temps mais demeure la seule garantie d'un état de surface correct.
  2. raboter avec un fer à dents (ou rabots dédié à faible angle d'attaque et fer à dents) et parfaire l'état de surface au racloir et papiers à poncer.

Cette méthode est celle utilisée par les luthiers du quatuor afin de faire les voûtes, tables et fonds ainsi que la mise à l’épaisseur des éclisses de manière traditionnelle, l'érable ondé étant difficile à raboter. Une fois cela fait, on utilise un racloir pour finir de dégrossir la surface avant ponçage (effectué après cintrage et collage) Bien que peu utilisé en lutherie guitare, il peut être utile de privilégier l'utilisation d'un ratissoir (racloir affûté en "menuisier" ) qui permettra de dégrossir plus rapidement, à l'identique de ce qui se fait dans la lutherie du quatuor.