Fabrication de la harpe : réalisation des deux renforts de la caisse de la harpe, avec la même technique que pour les blocs qui ferment la caisse en haut et en bas.
J’ai enfin repris le travail sur cette caisse de harpe qui dormait à l’atelier depuis bientôt un an et demi…
Sous l’effet de la traction constante des cordes, les côtés de la caisse vont avoir tendance à se rapprocher l’un de l’autre.
Ces renforts sont là pour prévenir ce phénomène en rigidifiant là caisse, particulièrement près des basses où la tension est plus forte.
Je n’avais pas prévu ces deux renforts à l’origine. Ils sont massifs et cloisonnent le volume de la caisse. Cependant, Matthias DESMYTER, facteur de harpes à L’Unisson, m’a vivement conseillé de les ajouter.
La harpe descendant jusqu’au La grave, la tension est importante et peut provoquer des déformations, au moins sur le long terme.
Méthode
J’ai tracé les pièces sur le bois brut à partir des données du plan (en faisant attention à choisir la bonne orientation du fil).
J’ai commencé par placer de petites pièces sur mon jig de positionnement, comme illustré ci-dessous.
Elles permettent de confronter les renforts en cours de façonnage au profil de la caisse, rapidement, sans mesure et avec précision.


Comme pour la base interne et le chapeau, j’ai réalisé des « piges » sur des chutes de contreplaqué, mais elles se sont révélées peu utiles cette fois-ci car les angles sont proches de 90°. Cela reste tout de même un aide mémoire à portée de main. Comme le montre la photo ci dessous, l’angle par rapport au fond est à 90°. Les autres angles sont mesurés à partir du plan 3D.

L’utilisation du rapporteur numérique aide à être précis pour le réglage de la machine, même si comme on le voit, la table en fonte n’est pas des plus planes..

Le façonnage ne pose aucune difficulté avec le lapidaire : cette machine est redoutable de simplicité, de précision et d’efficacité.

Pour arriver à la forme finale, un gabarit a été collé au double face sur la pièce :

L’affleureuse est ensuite munie d’une bague de copiage afin d’évider la partie centrale. Ici le gabarit est aux dimensions finales, j’ai donc dû utiliser une fraise à affleurer pour terminer (voir illustrations suivantes).

Étant à l’intérieur de la pièce, j’ai fait tourner la machine dans le sens des aiguilles d’une montre afin de travailler en opposition.
Lorsque j’ai fait « tourner » l’affleureuse autour de la pièce, les points d’appui de la semelle variaient selon la position de la machine. J’ai donc pris le temps d’effectuer un tour complet machine éteinte afin de vérifier que je conservais des appuis suffisants sur tout le parcours. Une possibilité est de mettre des pièce de bois de même hauteur sur la périphérie de la pièce à travailler, c’est encore plus sécurisant.
De mon côté, j’ai réalisé l’usinage en retournant la pièce, en faisant chaque passe en deux fois.
De même, pour chaque passe, j’ai démarré la machine inclinée, avec la fraise entièrement hors du bois, puis je l’ai mise progressivement à plat une fois la fraise à pleine vitesse.
J’ai également bien fait attention à attendre l’arrêt complet de la rotation de la fraise avant de retirer la machine, à chaque fois.

J’ai procédé par passes successives (de 2mm maximum, il ne faut pas être gourmand). J’ai également veiller à me ménager progressivement des zones suffisamment dégagées pour pouvoir introduire la fraise en rotation en toute sécurité. Ces parties évidées permettent de mettre la machine à plat sereinement.

Une fois la partie centrale évidée complètement, la machine a été équipée d’une fraise à affleurer. J’ai fait attention à régler finement la position du roulement par rapport au gabarit (en voulant aller trop vite, on peut se faire avoir, c’est du vécu pour moi en tout cas !)


J’ai fait attention à y aller progressivement pour ne pas faire forcer la machine, et sans m’arrêter à un endroit pour ne pas brûler le bois. Dans de l’érable, il faut une fraise de qualité et qui coupe parfaitement.
Ensuite, j’ai approché la forme définitive en haut de la pièce avec la scie à ruban

J’ai terminé l’usinage avec l’affleureuse comme précédemment.

J’ai fait attention à laisser suffisamment de matière non usinée à chaque extrémité car ces parties seront réduites à la toute fin à la main, une fois le renfort dans la caisse.

Et voici la pièce terminée (ou presque : il restera à arrondir certaines arrêtes, poncer les faces proprement).

Les deux renforts en place dans la caisse :




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