Fabrication du chevalet de la guitare

Dans l’article précédent, nous avons montré la fabrication du support permettant la défonce des rainures du chevalet comme l’explique Roy Courtnall dans son livre « La fabrication des guitares classiques ». Voyons ici la fabrication du chevalet de la guitare (classique) lui même. Cet article sera complété au fur et à mesure jusqu’au chevalet fini (si on y parvient !).

Donc, une fois le bloc mis aux bonnes dimensions (nous avons choisi 185 * 28 * 10mm, voir article précédent), il faut effectuer les tracés. Pour faciliter les choses, nous avons collé du scotch de peintre à dimensions sur le plat supérieur et le chant sur lequel il y aura les trous pour les cordes.

Les trous pour le passage des cordes sont tracés avec un compas pour plus de précision. S’agissant d’une guitare type Antonio de Torres, selon le plan fourni dans le livre de Courtnall, l’espacement entre le premier et le dernier trou est de 56mm. La largeur du cordier est de 82 mm. L’espacement entre les trous est de 11.2mm (56/5). Ils sont positionné à 3.5mm du bord inférieur du chant.

marqués avec une pointe pour que le foret de 1.5mm se positionne correctement plus facilement :

Pointage des trous pour le passage des cordes

Pointage des trous du chevalet pour le passage des cordes

Pointage des trous du chevalet pour le passage des cordes

Pointage des trous du chevalet pour le passage des cordes

Les tracés sur le plat permette de marquer la position de la rainure du sillet à 5mm du bord et large de 2mm, ainsi que la rainure qui correspondra à l’espace entre le cordier et la rampe à 10mm du bord opposé et large de 3.5mm.

tracés du chevalet

tracés du chevalet

Les trous doivent arriver au bas de la rampe, à fleur, c’est à dire à environ 4mm, donc plus haut que leur point de départ. Une cale en sifflet est donc confectionnée pour percer légèrement de biais avec la perceuse à colonne :

Cale pour le perçage en biais des trous des cordes

Cale pour le perçage en biais des trous des cordes

cale pour le  percage en biaus des trous du chevalet pour les cordes

Cale vue de profil

Les trous sont percés avec la perceuse à colone, le bloc du chevalet maintenu dans l’étau avec la cale pour qu’il soit légèrement de biais :

Perçage des trous pour le passage des cordes

Perçage des trous pour le passage des cordes

Perçage des trous pour le passage des cordes

Perçage des trous pour le passage des cordes

Le bloc est prêt pour être passé à l’affleureuse (ou à la défonceuse) afin de faire la rainure du sillet et celle qui constituera la l’espace entre la rampe et le cordier. Pour la rainure du sillet, il faut utiliser une fraise de 2mm, pour la seconde, une fraise de 3.5mm. Deux « encoches » de 6 mm de profondeur et de 15mm de largeur sont faites de chaque côté sur toute la largeur du bloc pour permettre le dégagement de l’affleureuse.

Défonceuse en position  pour la défonce des rainures

Affleureuse en position pour la défonce des rainures

Défonce de la rainure du sillet

Défonce de la rainure du sillet

 

Rainures faites sur le bloc

Rainures faites sur le bloc

Il faut maintenant scier les ailettes à la scie à ruban contre un guide, puis les arrondir l avec rapes fines et papier à poncer.

Les arrêtes de la rampe et le bloc du sillet sont arrondis au ciseau à bois d’abbord, puis à la rape fine, et enfin, au papier à poncer.

ailettes rampe et arrete du sillet arrondis

ailettes rampe et arrete du sillet arrondis

ailettes rampe et arrete du sillet arrondis

ailettes rampe et arrête du sillet arrondis - vue de face

ailettes rampe et arrete du sillet arrondis

ailettes rampe et arrête du sillet arrondis (vue de dos)

Conclusion : Le travail n’est pas terminé (les arrondis des ailettes  sont à peaufiner, un placage est encore à coller sur le cordier), mais on peut déjà dire que le résultat est perfectible.

Les trous pour le passage des cordes n’ont pas été percés suffisamment en biais du coup, la rainure entre la rampe et le cordier a du être creusée plus profondément. Ceci n’est pas gênant en soi, mais lors de cette opération, les ailes on été trop réduites vers en se rapprochant du centre du chevalet. Il aurait fallu parvenir à ne creuser que la rainure plus profondément sans toucher aux ailettes. Pour cela il faut d’après Florian Thomas, luthier à Talence (33), incliner l’affleureuse et entrer en biais dans le bois. Avec une défonceuse, ça ne serait pas un problème puisqu’on fait descendre verticalement la fraise jusqu’à arriver a la profondeur réglée au préalable (avec l’affleureuse, la fraise est fixe…).

On remarque aussi que les trous côté intérieur ne sont pas alignés (n’arrivent pas à la même hauteur). En fait, plutôt que de déplacer l’étau avec la pièce pour positionner le forêt, nous avons à chaque fois dé-serré la pièce, puis l’avons repositionnée avec la cale…

Nous allons donc recommencer, et nous mettrons commentaires et photos prochainement.

 

Fabrication du support pour la future confection du chevalet de la guitare

Après avoir choisi de faire un chevalet de type « Antonio de Torres » tel que présenté dans le livre de Roy Courtnall (La fabrication des guitares classiques).

Le bloc de noyer pour le chevalet vendu chez Kauffer (http://www.kauffer.eu/boutique/) fait les dimensions suivantes : 200 * 40 * 15mm. Il est déjà dégauchi et raboté.

bloc brut pour le chevalet

Bloc brut pour le chevalet

il a d’abord fallu découper le bloc aux bonnes dimensions soit 185 * 28  * 10mm. A ce propos, le dessous du chevalet doit être incurvé pour épouser le galbe de la table d’harmonie. Il est normalement préférable d’incurver le chevalet avant de l’amener à une épaisseur de 10mm, et ce pour éviter de trop réduire l’épaisseur des ailettes. Ici, la table n’étant pas terminée, nous le ferons à la fin.

Mise aux dimensions :

la découpe dans le sens de la longueur a été faite avec une petite scie à ruban d’établi, en laissant une marge d’1mm environ. Le chant a été ensuite raboté au rabot à main (Stanley n°3) dans un étau jusqu’à arriver au trait. Enfin il a été légèrement rectifié sur une grande plaque de MDF sur laquelle une longue bande de papier à poncer a été collée au ruban adhésif double-face, et sur laquelle on passe le chant de la pièce quelques fois. La largeur de la pièce a été vérifiée en plusieurs endroits avec un pied à coulisse.

Dans le sens de la largeur, la pièce a été découpée avec une scie japonaise dans une boîte à onglet.

Dans le sens de l’épaisseur, nous avons tracé une ligne à 10mm puis fixé la pièce sur l’établi avec du double face avant de la raboter au rabot à main. Le plat a été enfin rectifié sur le panneau MDF, comme pour le chant.

rabotage de l'épaisseur

Rabotage de l'épaisseur à 10mm

bloc du chevalet aux dimensions

bloc du chevalet aux dimensions (185 * 28 * 10mm)

Le bloc sera travaillé avec une défonceuse, il sera donc utile d’avoir un support pour faciliter ces découpes. Le support présenté ici respecte scrupuleusement celui présenté dans le livre de Roy Courtnall. Il est constitué pour sa partie supérieure d’une planche de contreplaqué de 10mm d’épaisseur (épaisseur du chevalet).  La place du chevalet est découpée précisément afin qu’il y rentre au plus juste.

Cette plaque est ensuite collée sur une autre planche de contreplaqué de même dimensions un peu plus épaisse (13mm). Les dimensions des plaques de contreplaqué utilisées vont dépendre de la défonceuse (ou affleureuse) ainsi que des guides que vous utiliserez.

Un tasseau est fixé dessous et va permettre de maintenir l’ensemble dans un étau. La chute de noyer résultant de la découpe du bloc a permis de réaliser les deux petites cales permettant de condamner le chevalet dans son logement.

Voici quelques illustrations :

Support du chevalet

Support du chevalet pour la défonceuse

Support du chevalet

Support du chevalet - vue de dessous